Depuis plusieurs semaines, les feux de forêt se multiplient en France. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié une expertise détaillant la composition des fumées d’incendies. Le mélange associe monoxyde de carbone, composés organiques volatils (benzène, formaldéhyde, acroléine), hydrocarbures aromatiques polycycliques et métaux lourds.
Le constat majeur concerne les particules fines : elles représentent environ 80% des particules émises par les feux de végétation. Leur taille, souvent inférieure au micron, leur permet de pénétrer profondément dans les poumons et de passer dans la circulation sanguine.
L’exposition aux fumées provoque d’abord des irritations des yeux, du nez et de la gorge, ainsi que des crises d’asthme et une aggravation des maladies pulmonaires chroniques. Mais les conséquences dépassent la sphère respiratoire avec une augmentation du risque cardiovasculaire.
Un danger qui voyage loin
Les fumées ne restent pas cantonnées aux zones incendiées; portées par les vents sur plusieurs centaines de kilomètres, elles dégradent la qualité de l’air bien au-delà des foyers d’origine. Les mégafeux des Landes en 2022 avaient ainsi affecté l’air jusqu’aux Yvelines, et les incendies canadiens de 2024 ont eu un impact mesurable jusqu’en Europe.
Quelles sont les populations les plus vulnérables ?
Certains profils nécessitent une vigilance accrue : nourrissons, enfants, femmes enceintes, personnes âgées, malades chroniques et personnes immunodéprimées.
Les gestes de protection
Plusieurs mesures simples limitent l’exposition :
- Limiter les sorties et réduire au maximum le temps passé à l’extérieur
- Porter un masque FFP2 en extérieur en cas d’exposition directe aux fumées
- Éviter toute activité physique en plein air dans les secteurs concernés
- Fermer portes et fenêtres, en n’aérant que lorsque les conditions le permettent
- Occulter les aérations avec des linges humides
- Arrêter la VMC durant les pics de pollution et épisode de fumées
- Éviter encens, bougies et parfums d’ambiance, qui dégradent davantage l’air intérieur
- Surveiller les personnes fragiles de son entourage
Le masque FFP2, un outil efficace mais ciblé
Pour les personnes à risque exposées directement aux fumées, le port d’un masque FFP2 est recommandé. Le masque FFP2 reste efficace environ huit heures pendant la journée. Une fois rentré chez soi et les fenêtres fermées, le maintien du masque n’est plus nécessaire.
Attention : le masque FFP1 n’offre pas de protection suffisante contre les particules fines.
Quand consulter ?
En cas d’apparition de symptômes : toux persistante, essoufflement, gêne respiratoire, maux de tête inhabituels, il est conseillé de contacter rapidement son médecin traitant, en particulier pour les personnes souffrant déjà d’asthme, d’insuffisance respiratoire chronique ou de troubles cardiaques.